Lucile Marsac

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Lucile Marsac
Lucile Marsac ©Tous droits réservés

Maison des Cultures de Pays
Du 20 au 24 avril 2026

Sa bio

Lucile Marciac

Lucile Marsac

Violoniste et chanteuse, Lucile apprend le violon classique dès l’âge de 8 ans, pendant 10 ans, à l’école de musique de Niort (79). Elle y découvre aussi les musiques traditionnelles à danser du Poitou lors d’une intervention de Christian Pacher. Elle en
apprécie le dynamisme, les sonorités et découvre petit à petit les liens avec les danses, langues et cultures de cette région dont elle est originaire. Cette découverte la touche. Elle décide alors d’explorer cette matière vivante, transmise « à la feuille ». Les bals, festivals et stages sont autant d’occasions de plonger dans ce nouvel univers, de s’en imprégner, d’apprendre à l’oreille les airs à danser (en particulier au Festival Bouche à Oreille à Parthenay).
En 2005 elle anime ses premiers bals aux Bacchantes de Poitiers, notamment avec Lucas Thébaut, Julien Padovani, Alexandra Lacouchie.
En 2007 lors de ses études en Italie, elle intègre le groupe de musiques traditionnelles du sud de l’Italie « La Malacrianza ».

A son retour en France en 2009, elle découvre le CD solo de Jean-François Vrod et commence à s’intéresser aux Musiques du Massif Central. C’est en s’installant à Montpellier la même année, et en fréquentant la Fête des violons populaires à Sauve (30), qu’elle se plonge dans le répertoire d’Auvergne, du Limousin et des Cévennes. Elle continue par ailleurs à jouer les
musiques du Poitou. Plusieurs rencontres et stages nourrissent alors sa pratique du violon traditionnel : Christian Pacher, Christian Fromentin, Maxime Chevrier, La Cola’ophane, Basile Brémaud, Jean-Marc Delaunay, Olivier Durif, Jean-Pierre Champeval, Simon Guy.

Durant les 15 dernières années, elle cofonde plusieurs groupes de bals, actuellement en activité, au sein desquels elle joue du quinton et chante en français et en occitan : Briu, Krinkrin, Mirgaille, Únes, 3 pas d’ici, Carnibal.

Parallèlement aux musiques traditionnelles, dès 2004, elle développe sa pratique des musiques improvisées au sein d’un atelier de jazz à Niort, avec Robert Boileau, ainsi que sa pratique de la musique baroque, auprès de Jean Maillet. Elle développe alors une liberté de jeu et une écoute plus fine. Ses rencontres l’amènent à faire partie de projets hybrides mêlant musique et danse improvisées.

En 2006 elle se produit en duo avec la danseuse contemporaine Carine Desset, lors d’une performance au sein d’une exposition d’art contemporain à Poitiers.
En 2007 elle crée un spectacle de musique et danse improvisées avec la danseuse contemporaine Sara Due Torri. Elle accompagne également des spectacles de théâtre et de cirque.

Après avoir laissé de côté la pratique des musiques improvisées pendant plusieurs années, elle renoue avec celles-ci en 2020. Elle cofonde le projet « Murmures d’espaces », avec Julia Leredde (musique et danse improvisées dans l’espace public), et joue régulièrement dans « La boîte à Lire » de l'association Odette Louise (musique improvisée et lectures jeunesses
théâtralisées).

En 2022, après avoir exercé le métier de professeure des écoles pendant 9 ans, elle quitte ce métier et choisit de devenir musicienne professionnelle. Elle intègre alors la promotion Caminaires#1, encadrée par Xavier Vidal et le label Sirventès, et obtient la Certification de compétences « Interpréter une musique modale de tradition savante et populaire », en
juillet 2023.
Elle joue actuellement en concert avec le projet « Caminaires#1-Sarrabastal ».

C’est au cours de cette formation qu’elle rencontre Denis Badault, avec qui elle choisit ensuite de se former à l’improvisation libre. Elle s’interroge alors sur les liens et les interactions entre musiques traditionnelles et musiques improvisées, deux pratiques qui lui sont chères, et qu’elle souhaite faire se rencontrer dans son projet de concert solo en cours de création.

La découverte plus approfondie des musiques modales et de la micro-tonalité se présentent alors comme de nouveaux chemins à explorer dans une perspective créative.
Les recherches qu’elle mène dans son projet solo portent également sur les effets sonores et les instruments préparés.

Elle rencontre Romain Baudoin et toute l’équipe de CERC (Centre de creacion musicau de Pau) lors d’une semaine de formation en mars 2023. Cette rencontre lui donne l’élan et les conditions matérielles, grâce au dispositif de compagnonnage, pour se lancer dans la création de son concert solo (Résidence en septembre 2024).

Son cheminement s’inspire de plusieurs artistes qui mêlent musiques traditionnelles, improvisées, expérimentales, contemporaines: Jean-François Vrod (Veillée rustique moderne, La Soustraction des Fleurs), Maud Herrera (Tal Coal), Clémence Cognet (La Dévorante), Romain Baudoin (Arrehar), Simon Guy et Romain Maurel (Tsapluzaïres), Emmanuelle
Bouthillier et Dylan James (L’abrasive), Iva Bittova. Elle s’inspire également du violoniste Mathieu Werchowski.

Sortie de résidence, formule concert, le samedi 25 janvier à 20h30 à la maison des Cultures de Pays, au Carré noir. Gratuit

Résidence artistique concert solo

- Entre -

Création 2024 - 2026

Quinton, violon, chant, tambourin à cordes, pieds, préparations


- ENTRE LES SONS, MON HISTOIRE M’ACCOMPAGNE -
Au moment où j’ai découvert l’existence des musiques traditionnelles il y a 20 ans, auprès d’une amie accordéoniste, j’ai pris conscience de ce que signifiait la transmission orale de génération en génération, d’une langue, d’une culture, d’une musique. J’ai mesuré l’importance du revivalisme dans l’histoire des musiques traditionnelles en France, des cultures populaires, et j’ai réalisé que cette histoire était aussi celle de ma famille, en particulier celle de ma grand-mère née en 1920. Ayant rejeté sa langue maternelle, le poitevin, dévalorisée par l’état français, sa connaissance et sa pratique de la langue ne se sont pas transmises aux générations lui succédant. J’ai découvert assez tard que son père jouait du violon, du « tin-tin », le soir après ses journées de travail, ou lors des mariages. Ces bribes d’histoires familiales, transmises par ma grand-mère, ont nourrit mon intérêt pour les cultures et musiques traditionnelles, et m’accompagnent dans mon cheminement et mes recherches à travers ces musiques.

Puiser dans les collectages qui me touchent, m’en imprégner, interpréter et faire sonner ces mélodies, ces chants, à travers une approche modale et micro-tonale. Ornementations, variations, improvisations modales et improvisations libres, respirations, recherches sonores…autant de façons d’interagir et de jouer (avec) les musiques traditionnelles occitanes
et poitevines.


EXPLORER L’ « ENTRE »
ENTRE est mon premier concert solo. Je souhaite y explorer des chemins de traverse entre les musiques traditionnelles, expérimentales et improvisées, des chemins de rencontres, de frottements, de surprises. Une envie d’ouvrir des espaces.
J’aime l’idée d’explorer les espaces « entre » : hauteurs de notes « entre-deux » avec la microtonalité, rythme « entre binaire et ternaire » avec l’élasticité du temps, rapprochements et écarts « entre Poitou et Occitanie », ponts et liens « entre musiques traditionnelles, expérimentales et improvisées ». Je vois ces espaces comme des espaces de liberté, d’expérimentation, de recherche, qui s’ouvrent, où je m’autorise à créer.

 

ENTRE BAL ET MUSIQUES IMPROVISÉES
Musicienne de bal depuis plus de 15 ans, je ressens aujourd’hui l’envie et la nécessité
d’emprunter de nouveaux chemins et terrains d’expression, en puisant dans ma pratique des
musiques traditionnelles à danser, et en allant vers des pratiques de musiques
traditionnelles plus libres, pas nécessairement basées sur la cadence, en cherchant et en
créant des liens avec ma pratique des musiques improvisées (improvisation libre,
improvisation modale).


ME RAPPROCHER DES SOURCES POUR CRÉER
Grâce à la formation « Caminaires#1 » (2022-2023), j’ai approfondi mon rapport aux musiques
traditionnelles occitanes, en analysant plus précisément les collectages, les modes, la microtonalité.
C’est tout un monde qui s’est ouvert. J’ai commencé à comprendre et interpréter ces
musiques d’une nouvelle façon. J’ai développé une approche à la fois plus proche des sources
mais aussi plus libre, personnelle et créative.

RECHERCHES SONORES ET CORPS EN JEU
Avec mon quinton je recherche et expérimente une palette de sonorités variées, à travers différents modes de jeu et des préparations (résonnateur à ressorts, distorsion acoustique). Je développe un jeu bourdonnant, aux sonorités qui frottent ou s’unissent, avec des effets de contraste, entre fortes densités et sons à peine perceptibles. Je joue de la rencontre des
sons entre eux.
Le jeu rythmique au tun-tun, aux pieds, et aux grelots, me permet de rentrer dans un dispositif de type « femme-orchestre ». Je fais interagir ces différents instruments, comme différentes parties de moi-même, en donnant à entendre et à voir le corps en jeu.


CHANT ET VOIX
Le chant (français, occitan, poitevin) est pour moi une façon de prendre la parole, de m’exprimer à travers ce vecteur très personnel, en interprétant des chants traditionnels et en improvisant. Mon chant rejoint parfois les sonorités du quinton, se fond avec celles-ci, ou joue du contre-point.
A travers la création de ce solo, je souhaite aussi faire entendre des voix qui me touchent (diffusion de collectages).

Les voix de celles et ceux à qui on a ôté les langues, trop régionales.

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