Epoques

Epoques

Résidence de recherche
au Centre de ressources (CERDO) / UPCP-Métive
Du 22 au 26 juin 2020

Pauline Weidmann

Artisane du commun, Pauline Weidmann a d’abord fait des études de géographie et de sociologie adressées aux territoires. En passant par des structures d’éducation populaire, acteurs des ruralités (l’Afip et les Crefad) elle se forme et intègre des méthodes qui font percoler la culture depuis des terrains, des groupes, des gens. C'est en 2014 qu’elle se retire en explorations pour déplacer son langage et prendre le temps. Elle intègre directement la FAAAC (formation  autogérée aux arts du cirque) et s'investit dans l'organisation autogérée d’un cycle de  laboratoires de pratiques corporelle. Elle commence  alors à enrichir puis à transmettre des vocalités, la voix parlée chantée, pratique qu’elle manie intimement et comme une manière de la parole.


En 2014-2015 elle porte au sein des Egarnements un cycle exploratoire de 8 mois auprès d'artistes qu'elle choisit en coéquipe avec Johnny Seyx. Ils forment ensemble un groupe de 12 personnes à l'aventure de la recherche. entre étude du collectif, relation aux territoires et formation artistique.
C'est en 2015 qu'elle monte l'Enracinée,  une compagnie terreau où s'invitent des recherches collectives et individuelles ouvertes à la question du milieu, du lieu et des sociologies de terrain. Elle collabore avec des artisanats distincts et fabrique les cadres pour que se rencontrent paroles et milieux, récits et vécus, ordinaires et rituels.

Invitant à chaque fois d’autres regards, d’autres vécus à investir les lignes écrites et à bousculer ses points de vue, Pauline continue de participer à des laboratoires de transformation sociale et d'éducation populaire pour nourrir son rapport à l'action.  

Elle passe un cycle II au conservatoire de chant lyrique en 2017 - 2018.

Ses poésies sont éditées dans trois recueils (SOMME - MAISONS - PEAU) et dans la revue collective PLI.

 

Fiction de tradition - chant théâtre
Pauline Weidmann
Création 2020-2021

 

Le spectacle serait une succession de tableau sans dramaturgie, il serait la composition en couche de territoires et d'héritages sur une voix qui s'oeuvre à transmettre. Une composition absurde d'identité, sur une localité constatée au milieu, au carrefour de plusieurs migrations héritées.
entre représentations et répertoires collectés
métamorphoses et voix empruntées
la protagoniste ferait la tentative d'un tradition.

Rompue au ridicule et à l'ouvrage du silence, elle tente et vocalise sa quête à la rencontre de l'Autre, des sentiments, d’éléments sonores évocateur, d'extraits vidéos documentaires, d'objets instruments avec la volontés de dire, de raconter des récits d'aujourd'hui, des réalités communes.

- Collecte - Afin de nourrir les influences et de prendre appui sur un cadre, la recherche se fera d'abord sur plusieurs territoires, au sein des paysages et auprès des répertoires, les lieux choisis sont des lieux habités directement ou indirectement dans la généalogie de l'auteure. Flandres, Suisse, Espagne Anjou et Poitou seront les points d'appui pour imaginer une tradition subjective et mobile, à l'image des individualités contemporaines.


- Musique - les timbres collectés seront remaniés a capela, voix torves, claires ou tendues, gutturales ou intérieures donneront des récits, actualisés ou décalés du réel. Une recherche de sons accompagnera la voix - cloches, bourdon, accordéon brut, chant du public, rythmes frappés, mouvements dansés.
un travail de variations et d'harmonie viendra se confondre aux mélodies traditionnelles récoltées sur les territoires.

Je voudrais trouver ressources dans les écritures et y inscrire des récits d'aujourd'hui. questionner l'esthétique de la musique pour m'adresser à un peuple mêlé, d'influences et d'histoires en déplacement.


- Jeu -  le corps est support et moteur du chant qu'il habite.
Il ne s'agit pas d'interpréter le chant mais de l'habiter, comme le raconte Catherine Perrier, chanteuse, spécialiste du chant de tradition oral. Le mouvement et la tenue, la qualité des contacts et des sphères d'intimités seront autant de chemins de recherche pour imaginer ce que le chant devient, ce qu'il raconte aujourd'hui.
Par sa présence, cette femme déclenche le rire et la curiosité d’en savoir plus sur ce qu’elle est et ce que nous sommes. Suivant une partition scénique réglée, sans besoin d’autre décor qu’elle même, telles des caractères un peu gauches et espiègles, elle émerge d’on ne sait où et invite à la fête.

Je chercherai par des chemins pratiques, expérimentant les relations entre les réalités du travail, des amours, du climat, des gestes, des sons ordinaires et le chant, laissant libre court à l'absurde des situations.

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